Molière - Les Femmes savantes // Extrait

Molière - Les Femmes savantes // Extrait
Acte I, scène 1.
[certains petits extraits que j'ai aimé]

Henriette :
Le Ciel, dont nous voyons que l'ordre est tout-puissant,
Pour différents emplois nous fabrique en naissant,
Et tout esprit n'est pas composé d'une étoffe
Qui se trouve taillée à faire un philosophe.
Si le vôtre est né propre aux élévations
Où montent des savants les spéculations,
Le mien est fait, ma soeur, pour aller terre à terre,
Et dans les petits soins son faible se resserre.
Ne troublons point du ciel les justes règlements
Et de nos deux instincts suivons les mouvements.
Habitez, par l'essor d'un grand et beau génie,
Les hautes régions de la philosophie,
Tandis que mon esprit, se tenant ici-bas,
Goûtera de l'hymen les terrestres appas.
Ainsi, dans nos desseins l'une à l'autre contraire,
Nous saurons toutes les deux imiter notre mère :
Vous du côté de l'âme et des nobles désirs,
Moi, du côté des sens et des grossiers plaisirs ;
Vous, aux productions d'esprit et de lumière,
Moi, dans celles, ma soeur, qui sont de la matière.

Armande :
Quand sur une personne on prétend se régler,
C'est par les beaux côtés qu'il faut lui ressembler,
Et ce n'est point du tout la prendre pour modèle,
Ma soeur, que de tousser et cracher comme elle.

Henriette :
Mais vous ne seriez pas ce dont vous vous vantez
Si ma mère n'eût que de ces beaux côtés ;
Et bien vous prend, ma soeur, que son noble génie
N'ait pas vaqué toujours à la philosophie.
De grâce, souffrez-moi, par un peu de bonté,
Des bassesses à qui vous devez la clarté,
Et ne supprimez point, voulant qu'on vous seconde,
Quelque petit savant qui veut venir au monde.

Armande :
Je vois que votre esprit ne peut être guéri
Du fol entêtement de vous faire un mari ;
Mais sachons, s'il vous plait, qui vous songez à prendre,
Votre visée au moins n'est pas mise à Clitandre ?

[...]

Henriette :
Je n'ai pas empêché qu'à vos perfections
Il n'ait continué ses adorations,
Et je n'ai fait que prendre, au redus de votre âme
Ce qu'est venu m'offrir l'hommage de sa flamme.

Armande :
Mais à l'offre des voeux d'un amant dépité
Trouvez-vous, je vous pris, entière sûreté ?
Croyez- vous pour vos yeux sa passion bien forte,
Et qu'en son coeur pour moi tout flamme soit morte ?

Henriette :
Il me le dit, ma soeur, et, pour moi, je le croi.

Armande :
Ne soyez pas, ma soeur, d'une si bonne foi,
Et croyez, quand il dit qu'il me quitte et vous aime,
Qu'il n'y songe pas bien et se trompe lui-même.

# Online seit Freitag, 02. Mai, 2008 um 05:58

Geändert am Dienstag, 13. Mai, 2008 um 17:02

'x~"Le p'tit changement chez Daphinou"~x'

Comme le dit le titre, c'est un "p'tit changement" de blog...
Ca fait juste trois mois que j'ai oublié de prévénir O.o" S'pas la mer à boire non plus, si ?


---> www.daphiiinou.skyrock.com
'x~"Le p'tit changement chez Daphinou"~x'

# Online seit Dienstag, 17. Juni, 2008 um 14:58

Geändert am Freitag, 17. Oktober, 2008 um 10:04